Je peux être un lien
Au côté du candidat Urieta, l'UMP Jean Gougy propose de faire profiter Pau de ses relations privilégiées avec le président Nicolas Sarkozy
Il a « ses entrées » à l'Élysée, Jean Gougy. Comme personne en Béarn, sans doute. « Je ne prétends pas être un proche du président de la République, mais je fais partie de ceux qui ont sa confiance, oui. » Pour preuve, malgré un emploi du temps des plus chargés, le chef de l'État n'a pas quitté Pau, mardi dernier, sans un petit entretien en tête à tête avec le responsable départemental de l'UMP, préalable à celui accordé au maire, Yves Urieta. Entretien bouclé sur une chaleureuse et discrète accolade. Une accolade dont Jean Gougy, à 68 ans, responsable de l'UMP dans les Pyrénées-Atlantiques depuis trente ans, ne tire aucun orgueil excessif. Mais de ses excellentes relations avec le plus haut personnage de l'État, il compte bien faire un atout.
Sud Ouest: Que peut attendre Pau, si Yves Urieta était élu le 16 mars prochain, des liens privilégiés que vous entretenez avec le président Sarkozy ?
Jean Gougy: Le président m'a dit tout l'intérêt qu'il porte aux grands dossiers palois. Si demain on a besoin de le solliciter sur la ligne à grande vitesse, sur le plan économique ou autre, c'est un atout. Je peux être un lien. Vous savez, il n'y a pas de hasard. Quand il était président de l'UMP, je le représentais en Pyrénées-Atlantiques, avec tout ce que cela implique. Il pouvait me renvoyer quand il voulait! Et quand il a été candidat à la présidence de la République, il n'y avait qu'un mandataire inscrit en préfecture par département. Ici, c'était moi. C'est ça la réalité des choses.
Sud Ouest: A Pau, certains pensent que le rapprochement entre Urieta et l'UMP est l'oeuvre « machiavélique » de Nicolas Sarkozy à des fins politiciennes ? Qu'en est-il ?
Jean Gougy: C'est bien plus simple que
cela. Avec Yves Urieta, on travaille ensemble depuis des années
à travers l'association Convergences. Ça a été
un long cheminement. L'idée est donc naturellement venue, ici,
à Pau, de réfléchir ensemble à un projet municipal.
La discussion a été ouverte, avec l'aval de Paris, mais
toujours dans l'idée qu'on n'en connaissait pas au préalable
le résultat final ? Il n'y avait vraiment aucune « obligation
de résultat ». Il s'agissait de savoir avec qui partir aux
municipales, et pour faire quoi ?
Avec Yves Urieta, il y avait possibilité de créer une liste
de rassemblement, sans alliances de partis. Une liste innovante, dans
l'esprit du gouvernement mis en place par Nicolas Sarkozy. Il ne faut
y voir aucune motivation politicienne de circonstance.
Sud Ouest: La suite est connue. L'UMP et Nicolas Sarkozy ont officiellement donné leur feu vert. Mais localement, les militants UMP pouvaient imaginer une liste à leurs couleurs, conduite par Bernard Layre, voire le maire de Billère Jean Arriau. Il a fallu convaincre ?
Jean Gougy: Convaincre, non. Il y a la réalité paloise. Quelle est-elle ? D'abord la présence du président d'un parti national, le Modem, qui a les pieds ici, mais la tête à Paris ? A aucun moment il n'a officiellement contacté le représentant de l'UMP que je suis pour discuter. Ensuite, il y a les chiffres des derniers scrutins à prendre en compte. Quant à Jean Arriau, mon analyse, c'était et ça reste qu'on a besoin de sa réélection sur le canton de Billère pour assurer la continuité de la majorité départementale. Alors, entre septembre et décembre, j'ai beaucoup consulté les militants. J'ai dû faire une cinquantaine de réunions et les choses se sont décantées d'elles-mêmes.
Sud Ouest: Qu'est-ce qui peut pousser l'électorat de droite à voter Urieta, qui se réclame « homme de gauche », le 9 mars ?
Jean Gougy: La volonté de soutenir une liste de rassemblement qui s'inscrit pleinement dans la logique de ce que fait le président de la République à l'échelon national. Nicolas Sarkozy s'intéresse beaucoup à ce qui se passe à Pau. Et ce n'est pas qu'une posture.
Sud Ouest: Yves Urieta vous veut sur sa liste. Mais jusqu'à présent, vous avez réservé votre réponse au motif de raisons familiales.
Jean Gougy: Je me prononcerai très vite. Si je m'engage, ce dont j'ai très envie, je le ferai à fond, en bonne position sur la liste. Pour assumer ce que j'aurai contribué à construire. Mais je connais aussi le poids du travail de celui qui prend des responsabilités.
Sud Ouest: En cas d'élection, à ce propos, vous comptez conserver vos fonctions à l'UMP ?
Jean Gougy: Que je sois conseiller municipal ou non en mars prochain, je quitterai mes fonctions de responsable départemental de l'UMP cette année, dans quelques mois. Nicolas Sarkozy a déjà refusé par deux fois de me remplacer. La seconde, il m'a même envoyé un courrier me confirmant dans mes fonctions ! Mais cette fois, je passerai le relais.
Lu dans le journal Sud Ouest: Je peux être un lien